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Titre
Albert à Madeleine (28 septembre 1903)
Date
Albert
Sujet
Madeleine
Contributeur
Jeanne
Lettres Item Type Metadata
Location
Rio de Janeiro
Expediteur
Albert
Destinataire
Madeleine
Transcription
Rio de Janeirao, 28 septembre 1903
Ma très chère Madeleine,
J’ai bien reçu hier par la société anglaise "Danube", votre bonne lettre du 8 septembre.
Je regrette fort de n’avoir pas pris avec moi, comme j'avais eu l’intention de le faire, mon carnet de valeur papiers de mes dépôts aux "MM" pour pouvoir vous renseigner à peu près sur les valeurs que vous pourriez vendre pour payer le montant de l’affaire Laurent. Mais même si je l’avais, je ne pourrais guère vous dire ce qu’il faut le mieux vendre puisque absent depuis trois mois, je ne suis plus au courant.
Ce que vous pourrez faire c’est aussitôt rentrée, consulter monsieur Frioul ou l’agent de change de la Cie Laurent ou son assesseur dont le nom échappe et vendre ce que l’on vous conseillera.
Je vous écris aujourd’hui au galop car "le Magellan", qui nous est arrivé hier avec six jours de retard, attend mes papiers pour partir pour Buenos Ayres. Au lieu de me reposer hier dimanche. j’ai donc dû passer ma journée à Rio, sauf 1h30 à bord où j’ai déjeuné avec le commandant.
J’ai trouvé là quelques amis de Buenos Ayres : entre autres le docteur Simon, monsieur Py l’agent de la "Cie des Chargeurs" et sa femme. Je les ai emmené coucher à Pétropolis qu’ils ont beaucoup admiré hier soir.
Et ce matin, je suis retourné avec eux à bord où j’ai déjeuné de nouveau avec le commandant Riquier, le Consul et les passagers.
J’ai fait de mon mieux pour remonter le moral du Commandant qui voit tout en noir, et comme un ou deux de ses officiers, entre autres, le lieutenant Coyllard, et ne pense qu'à quitter la
Compagnie. Il est vrai qu’il a beaucoup de misère, le navire, ayant fait coup sur coup trois traversées sans pouvoir se réparer. Aussi est il fort sale et ne peut il marcher que lentement, d’où les six jours de retard.
Au rapport du colonel et des officier, on ne ne peut plus commander les hommes qui deviennent chaque jour plus socialistes et plus indépendants, se sentant soutenus par les ministres entre autres par le ministre de la Marine.
Certes cela n’est pas gai et il est triste de comparer les bateaux étrangers, entre autres les Allemands, avec les nôtres. Ils sont propres, bien tenus et la discipline y est mieux observée.
Suivant ce que vous me ...(?), je vois que vous vous fatiguez toutes à Villers Agron, au lieu de vous y reposer comme je l’aurais tant voulu. Et j’ai hâte de vous voir de nouveau en possession d’Henriette, ou d'une bonne domestique, car si cela continue Aline ne pourra bientôt plus vous servir comme il le faut.
Je souhaite que Lili réussisse son examen. A ce propos chaque bateau qui nous arrive de France, porte une véritable congrégation de soeurs. Celui-ci en avait six à sept de Saint-Joseph de Cluny débarquées à Dakar et 15 à 16 de Saint-Vincent de Paul pour la République Argentine et le Sud.
Si cela continue la France sémera bientôt toutes les sœurs à
l’étranger et je ne vois pas cela sans inquiétude pour notre grande fille. Dites-moi ce que deviennent celles du Sacré-Cœur dont elle est maintenant entichée.
Je vous embrasse en courant. Votre ALBERT qui vous aime toujours bien tendrement et va bien.
AA Fauvel
Ma très chère Madeleine,
J’ai bien reçu hier par la société anglaise "Danube", votre bonne lettre du 8 septembre.
Je regrette fort de n’avoir pas pris avec moi, comme j'avais eu l’intention de le faire, mon carnet de valeur papiers de mes dépôts aux "MM" pour pouvoir vous renseigner à peu près sur les valeurs que vous pourriez vendre pour payer le montant de l’affaire Laurent. Mais même si je l’avais, je ne pourrais guère vous dire ce qu’il faut le mieux vendre puisque absent depuis trois mois, je ne suis plus au courant.
Ce que vous pourrez faire c’est aussitôt rentrée, consulter monsieur Frioul ou l’agent de change de la Cie Laurent ou son assesseur dont le nom échappe et vendre ce que l’on vous conseillera.
Je vous écris aujourd’hui au galop car "le Magellan", qui nous est arrivé hier avec six jours de retard, attend mes papiers pour partir pour Buenos Ayres. Au lieu de me reposer hier dimanche. j’ai donc dû passer ma journée à Rio, sauf 1h30 à bord où j’ai déjeuné avec le commandant.
J’ai trouvé là quelques amis de Buenos Ayres : entre autres le docteur Simon, monsieur Py l’agent de la "Cie des Chargeurs" et sa femme. Je les ai emmené coucher à Pétropolis qu’ils ont beaucoup admiré hier soir.
Et ce matin, je suis retourné avec eux à bord où j’ai déjeuné de nouveau avec le commandant Riquier, le Consul et les passagers.
J’ai fait de mon mieux pour remonter le moral du Commandant qui voit tout en noir, et comme un ou deux de ses officiers, entre autres, le lieutenant Coyllard, et ne pense qu'à quitter la
Compagnie. Il est vrai qu’il a beaucoup de misère, le navire, ayant fait coup sur coup trois traversées sans pouvoir se réparer. Aussi est il fort sale et ne peut il marcher que lentement, d’où les six jours de retard.
Au rapport du colonel et des officier, on ne ne peut plus commander les hommes qui deviennent chaque jour plus socialistes et plus indépendants, se sentant soutenus par les ministres entre autres par le ministre de la Marine.
Certes cela n’est pas gai et il est triste de comparer les bateaux étrangers, entre autres les Allemands, avec les nôtres. Ils sont propres, bien tenus et la discipline y est mieux observée.
Suivant ce que vous me ...(?), je vois que vous vous fatiguez toutes à Villers Agron, au lieu de vous y reposer comme je l’aurais tant voulu. Et j’ai hâte de vous voir de nouveau en possession d’Henriette, ou d'une bonne domestique, car si cela continue Aline ne pourra bientôt plus vous servir comme il le faut.
Je souhaite que Lili réussisse son examen. A ce propos chaque bateau qui nous arrive de France, porte une véritable congrégation de soeurs. Celui-ci en avait six à sept de Saint-Joseph de Cluny débarquées à Dakar et 15 à 16 de Saint-Vincent de Paul pour la République Argentine et le Sud.
Si cela continue la France sémera bientôt toutes les sœurs à
l’étranger et je ne vois pas cela sans inquiétude pour notre grande fille. Dites-moi ce que deviennent celles du Sacré-Cœur dont elle est maintenant entichée.
Je vous embrasse en courant. Votre ALBERT qui vous aime toujours bien tendrement et va bien.
AA Fauvel



